lundi 25 juillet 2016

2eme Lettre de Rosalie à Cyrille du 24 juillet 1916 qui reviendra "retour à l'envoyeur" Lettre plein de tendresses, elle décrit la vie a la ferme.

« Bir Rabalou 24 juillet 1916
Mon cher fils aimé
J’ai reçu ta lettre et ta carte datée du 14 juillet qu'il m’a fait bien plaisir que tu est en bonne santé et que tu es à V… . Je suis pas tranquille, j’ai fini les moissons et battu l’orge que l’on va la rentrer demain et le chariot marche, il fait bien chaud, dans quelque jours je te donnerais le détail de l’orge, combien que ca nous as rendu, si tu verrais les fièvres commence a se
faire voir chez nous, il y a eu que René et la Guiguitte mais je les ai pris a temps, je les ai fait voir au Docteur d’Aumale celui qui m’a sauvé…Dieu merci ça va bien. Je t’assure que on se dépêche, Maziere il me donne la main je lui ai prier pour les moissons 1700 plus pour le billet de Allian 400 qu’il m’est tombé. Je t’assure que on a payé les ouvriers cher cette année, mais je les ai payé 2.50 et il a payé à 3.50 qu’ils ont pas fini leur moisson,  je fais pour le mieux, c’est pour vous deux,
Gustave il m’a écrit qu’il est arrivé et qu’il va faire les démarches que tu ailles avec lui, il sera content, il m’a dit « je sais pas ce que je ferais pour mon frère Cyrille » il a écrit a Julie, il lui a dit donne le bonjour à René juste pour moi et comme quand il est venu il l’a fait maronner que lui il apprendrait une et Cyrille elle verrais … Julie quand tu lui écrira dit lui à Julie que tu a écrit  et qu’il t’on pas rendu réponse , elle maronne comme tu le sais, il ya de quoi à rire, enfin cher fils prends courage toujours et tu pourrais demander une permission, il y a 6 mois que tu es la bas, je t’assure que je langui de te voir aussi, vendredi le 14 je t’ai envoyé 20 frs et une boite, je pense que tu dois avoir tous reçu. Ne te prive de rien et du courage. G Tardat m’a écrit qu’il me dit qu’il t’a écrit et tu lui a pas rendu réponse qu’il demande ce que tu as, que ca lui fait de la peine qu’il voudrait bien savoir de tes nouvelles et de Gustave écrit lui. Mme Reausseau elle m’a dit qu’il a déjà quelques jours que son fils lui a pas écrit, dis moi si tu l’a vu.
Tous les amis t’envois bien le bonjour et M Maziere t’envoi bien le bonjour ainsi que tous, tache de voir si tu pourrais venir et tu explique le cas que tu est le soutien de famille. Tous va bien à la ferme, les arabes t’envoi le bonjour et Eugene et ton Néné il parle toujours de toi et de Gustave, toute la famille t’envois milles caresses.

Ta mère qu’elle t’aime tous cœur et qu’elle pense à vous deux. Rosalie. Aujourd’hui il est venu un arabe avec un sanglier de 60k, je lui ai donné 900 il me l’a laissé, je l’ai mis au sel, si les jambons ca sera bon je vous en enverrais pour gouter. »

dimanche 24 juillet 2016

En reprenant la fiche matricule de Cyrille; je me suis livré a quelques commentaires et apports, en particulier sur la fonctionnement du conseil de révision..

Cyrille est ajourné lors du conseil de révision en décembre 1914 par anticipation pour la classe 1915, pour 1 ou 2 ans habituellement, 2 ans en fait pour Cyrille avec la classe 1917, il a du repasser devant le conseil de révision en avril 1915 avec la classe 16 et il est incorporé finalement le 9 septembre 1915.
Les Petits Secrets du Conseil de Revision
Le conseil de révision prononce l'ajournement, l'incorporation dans le service armé ou dans les services auxiliaires, enfin, l’exemption. Il n'est pas besoin au major d'examiner de près un conscrit pour l'ajourner. Pour l'exempter, c'est une autre affaire et, dans ce cas, il faut un minutieux examen. En effet, un jeune homme, sans aucune maladie, peut être ajourné pour faiblesse. La faiblesse est la principale des raisons d'ajournement, sinon la seule. Un conscrit est jugé trop faible lorsque l'indice est, en moyenne, supérieur à 30. On ajourne souvent à 27. On en verra plus loin la raison.
L'indice! Ce mot semble mystérieux et il s'échange sans cesse entre le préfet, le général et l'officier de recrutement. Quelle est sa signification?
L'indice est le rapport entre la taille, le poids et le périmètre thoracique du conscrit.
Par exemple. Monsieur X... pèse 59 kilos, mesure 1m50 de taille et 0m86 de périmètre thoracique. Il a l'indice 14 et peut faire un bon soldat s'il ne lui est pas trouvé de maladies ou d'autres infirmités, par ailleurs.
Par contre, le jeune Y... pèse 60 kilos, mesure 1m78 et à 0m70 de tour de poitrine, soit indice 42. Il faut l'ajourner.
On calcule l'indice en prenant: 1 la différence entre le chiffre du poids compté en kilogrammes et le chiffre des centimètres au-dessus du mètre de la taille.
Par exemple X... mesure 1m50 et pèse 59 kilos. La différence entre 59 et 59=0. Pour Y... (78 —60=18) elle est de 18.
2 Au premier résultat obtenu, on additionne la différence entre le nombre idéal 100 et le chiffre du périmètre thoracique.
Ainsi pour X... on a: 100 — 86= 14. PourY...: 100—76 = 24. Cette différence ajoutée à celle de la première opération donne: Pour X...: 0+14 = indice 14. PourY...: 18+24 = indice 42. Un homme normalement constitué doit avoir le moins d'écart possible entre le chiffre en kilogrammes de son poids et le nombre de centimètres (en plus d'un mètre) de sa taille.
Le type idéal serait Z...: Poids: 75 kilos. Taille: 1m75. Périmètre: 100. Indice: 0. Cependant l'homme qui, pour cette taille pèserait quelques kilos en plus serait encore plus solide. Or, avant de passer devant le major, les conscrits sont pesés et passés sous la toise, les chiffres de la taille et du poids sont proclamés par le sergent de recrutement sur une fiche remise au futur soldat. D'autre part, un médecin ayant un peu d'expérience a vite fait de mesurer de l'œil le périmètre de l'homme placé devant lui. Rien de surprenant à ce qu'il le renvoie parfois sans plus ample examen:
— Ajourné, faiblesse!

mercredi 20 juillet 2016

Gustave est rentré depuis environ 10 jours de permission en Algérie, Rosalie évoque la présence de Gustave dans sa lettre à Cyrille du 14 juillet et qui est malheureusement revenue.

« Aux armées le 17 7 17
Ma chère Maman
Je suis toujours en bonne santé et j’espère que ma présente vous trouve à tous de même. J’ai écrit a Cyrille pour qu’il fasse la demande de changement de corps et qu’il spécifie qu’il a un frère au 1er Tirailleurs.
Les travaux doivent aller pour le mieux ainsi que les moissons doivent être finis enfin il me reste plus qu’une trentaine de jours de carême indigène, il faut espérer que d’ici quelques mois nous serons de retour.
J’ai reçu une carte de Gabriel Tardat et je lui rendrai réponse demain.
Je t’embrasse bien fort, ton fils.
Gustave Fortier. »


samedi 16 juillet 2016

Dans le contexte de l'époque, la famille n'est pas informé rapidement, surtout pour les disparus ou prisonniers, la mort de Cyrille est restée inconnue par sa maman et son frère Gustave jusqu'a la fin de la guerre, nous avons appris que récemment que leur grande sœur Julie avait caché la lettre a sa famille pour ne pas les inquiéter, ils penserons que Cyrille était prisonnier. Nous avons 3 lettres de sa maman qui ont été "retournées a l'envoyeur" 1ere lettre de Rosalie qui revient, l’inquiétude est grande et perceptible dans les 2 lettres suivantes Lettre de Rosalie à son fils Cyrille du 14 juillet 1916 , très émouvante ou elle parle de Gustave qui passe dans le journal pour sa première citation.

« Bir Rabalou 14 juillet 1916
Ta mère quel t’aime tous cœur et quel pense à toi, Rosalie
Mon cher fils aimé
J’ai reçu ta lettre datée que tu me dis que tu t’ai trouvé avec Emile Rousseau, justement sa mère elle me demande que je lui donne ton adresse pour que son fils te vois, elle serait contente que vous soyez ensemble, Je suis contente que tu ai reçu le colis en bon état, il en avait deux, il faudra mettre frais. Lundi je t’ai envoyé un colis avec de la teinture et Mme Recardot, comme j’ai fais la boite chez elle, elle a donné un quart de gâteau et une tablette de chocolat, quand Gustave il a été lui dire bonjour, elle lui a donné cinq francs et Recardot, il demande toujours après vous deux, je vois que vous êtes estimés, il leur ont fait tout le monde des compliments, a Gustave, ça apparu sur la dépêche le dimanche de Gustave. M Girerd il va faire des démarches pour que son fils vienne mais j’ai presque envie que tu viennes pour dire pour les affaires de famille et tous il me dise que je peux te faire venir, on travaille toujours, on a pas fini les moissons, c’est dur a cause du carême, qu’il fait une chaleur à crever, je fais tout pour le mieux. Les ouvriers ont les paye bien à 2.5 par jour, il faut y passer cette année, voici que l’on a mis sur la dépêche : « Fortier Gustave, engagé volontaire le 17 février 1915 à l’âge de 17 ans, soldat 1er tirailleur de Marche, Malgré de violent bombardement avec obus de gros calibre a su maintenir les communications téléphoniques constamment coupées, fait preuve du plus grand dévouement et d’un mépris du danger » tu vois que ca te fais plaisir de ton frère et il est parti d’un courage, il dit bien la guerre est dure, j’ai fais la bêtise je les encourage et tous le monde aussi, il a grandi et gracie c’est un beau garçon, il regrette de ne pas te voir, enfin toi il faut faire comme lui et on dit que ça finira le mois d’octobre, on prie Dieu tous le monde , enfin je le voudrais bien de tout cœur. Ne te fais pas de mauvais sang et pour les vingts francs je vais voir ou ils sont passés et c’est pas dépêche que ça m’a couté 0.90, c’était le 19 juin, je vais t’en envoyé d’autre car mon pauvre petit, je suis ennuyé de te savoir sans le sous, ne t’ennuis pas, toute la famille t’envois mille amitiés et ton Néné pense à toi »





Cyrille est honoré par le journal officiel du 1er juin 1920 par la médaille militaire avec la mention : « Mitrailleur d’élite qui a toujours l’admiration de ses camarades. Tué le 15 juillet 1916 en se portant à l’attaque des tranchées Allemandes à Verdun. Croix de Guerre avec étoile d’argent. » Il aura également la médaille de Verdun...le tout a titre posthume!




vendredi 15 juillet 2016

Hommage ce jour a Douaumont sur la tombe de Cyrille, passage au ravin des vignes ou il a été inhumé en premier, puis passage a la citadelle, dernier lieu de passage de Cyrille.





Cyrille après avoir été inhumé dans le ravin des vignes lors de son décès, il a été transféré dans le cimetière militaire de Fleury en 1924 (voir lettre a sa maman, page précédente), ensuite avec le projet d’ossuaire de Douaumont, il é été de nouveau transféré définitivement en 1925 sur Douaumont (tombe 1384). Histoire de Douaumont : Une fois l'emplacement déterminé, dès 1923, le Service des Sépultures de guerre, avec le concours du génie de Metz, entreprit le nivellement d'une parcelle de terrain de plusieurs hectares où d'importants travaux de déblaiement avaient été réalisés pour récupérer le matériel abandonné, ainsi que de dangereuses munitions. Le terrain aplani, on procéda à la réalisation des allées et des tombes. Dès août 1925, les corps provenant de petits cimetières autour de Verdun furent transférés dans la partie droite. En novembre, la nécropole reçut les corps exhumés du cimetière de Fleury, désaffecté. En octobre 1926, elle recueillit ceux du cimetière de la Fontaine de Tavannes. Les années suivantes, on y inhuma les corps que l'on continuait à découvrir dans la «zone rouge» -jusqu'à 500 par mois- dont plus de la moitié identifiés. La nécropole reçut aussi les corps du cimetière du bois Contant. C'est le 23 juin 1929 qu'eut lieu son inauguration, en présence de Gaston Doumergue, président de la République.