lundi 24 août 2015

Lettre de Gustave à sa sœur Julie le 25 août 1915

« Chère sœur
J’ai reçu ta lettre en même temps que celle de Julie et de maman, tu me dis de ne pas vous laisser sans nouvelles, je pense que vous avez rendu réponse à Gabriel Tardat parceque tout les jours il me demande des nouvelle de la maison, il est très brave avec moi.
Je n’ai pas grand-chose à te dire et je crois que vous avez dut recevoir les bagues et les portes plumes, tu n’as pas du te disputer avec Néné pour le porte plume ou la bague, tu me diras ce que tu as pris, ton frère qui t’embrasse bien fort.
Gustave Fortier »




Lettre du 20 août 1915

« 20 \ 8 – 15
Chère Maman
J’ai reçu ta lettre et la carte et tu me demande si j’ai reçu les 10 francs que Cyrille m’a envoyé et le fils Boineau m’a donné ce qu’il m’appartenait comme flanelle et 4 paires de chaussette et la boite que tu avait donné pour la montre et du chocolat, et il m’a dit qu’il avait donné un paquet à un sergent et ce paquet est perdu pour moi, je ne sais pas ce que tu avais mi dedans, tu me le diras sur une prochaine lettre.
Je suis en Belgique aux environ d’Ypres mais fait attention quand tu m’écris de ne pas mettre Belgique sur les lettre parce que tu me ferais attraper au moins 30 jours de prison car c’est défendu de mettre l’endrois ou on est et alors quand tu met Belgique sur l’adresse ça serais moi qui trainque,
Il faut mettre que :
Fortier Gustave
1er Tirailleurs de Marche
CHR
Secteur Postal 68
Je termine ma lettre en vous embrassant à tous et je pense qu’elle vous trouve en bonne santé, ton fils.
Gustave »



Lettre de Gustave à sa sœur Berthe le 25 aout 1915 « La victoire a l’air de pencher du coté des alliés d’après ce que j’ai su hier au soir il parait que 8 cuirassiers ont passé les Dardanelles gard aux Turcs!. »

« Chère Sœur
Je t’écris pour te faire savoir de mes nouvelles, tu dois bien savoir que je suis toujours en bonne santée, ça ne vaut pas la peine de te le dire, je suis au repos voila 15 jours, je n’entend pas le joli refrain des marmittes ni le sifflement continuel des balles.
La victoire à l’air de pencher du coté des alliés d’après ce que j’ai su hier au soir il parrait que 8 cuirassés ont passés les Dardanelles, gard aux Turcs.
En ce moment-ci je suis au poste du bataillon garde au téléphone, j’ai tout le temps voulu pour écrire, je pense que les battages doivent avancer et Eugene doit être gentil avec vous tous, quand je retournerai je trouverai du changement, tu me dis que la petite de Julie est un vrai petit diable, tant mieux il vaut mieux qu’elle soit diable que malade, je désirerai que Cyrille soit versé au Spahis ou à l’artillerie car à l’artillerie il serait à l’abris de balles mais quelquefois il recevrai des marmittes mais elles font plus de bruit que de ma l. je termine ma lette en t’embrassant ainsi qu’a toute la famille.
Ton frère pour la vie.
Gustave Fortier

Bien le bonjour à tous les ouvriers sans oublier Bel Abes et les Naoui »
« La victoire a l’air de pencher du coté des alliés d’après ce que j’ai su hier au soir il parait que 8 cuirassiers ont passé les Dardanelles gard aux Turcs!. » Les informations sur le front sont diffusées et probablement exploitées pour maintenir le moral des troupes, sur ce sujet, finalement les Dardanelles seront un échec. La bataille des Dardanelles, est aussi appelée la bataille de Gallipoli. Le but de cette bataille était de s'emparer dans un premier temps de la mer de Marmara pour pouvoir assiéger Constantinople, ainsi, les Alliés songeaient contrôler les flux maritimes du Bosphore. L'idée d'éliminer l'Empire ottoman de la guerre par une action navale fut présentée au conseil de guerre de la Grande-Bretagne, vers la fin de novembre 1914. Selon le plan initial, une force navale devait attaquer le détroit afin d'ouvrir la route vers Constantinople. Malgré les réserves présentées de plusieurs côtés, ce plan fut dûment approuvé en janvier 1915.
Le premier Lord de l'Amirauté, Winston Churchill appuie un projet audacieux qui donne la part belle à la marine, il impose une attaque uniquement navale pour forcer les détroits. Les assauts échouent en entraînant des pertes élevées. Winston Churchill, qui s'est beaucoup investi dans ce projet, s'entête et prévoit une opération combinée : attaque navale des détroits et débarquement sur la presqu'île de Gallipoli. Cette opération inutile aura coûté la vie à 180.000 soldats alliés dont 30.000 Français, ainsi qu'à 66.000 Turcs. C'est un revers sérieux pour les Alliés en guerre contre les puissances centrales et leur alliée ottomane. Résignés, les Alliés évacuent leur corps expéditionnaire et le transfèrent à partir d'octobre à Salonique, en Grèce. Les derniers soldats quittent les Dardanelles dans la nuit du 8 au 9 janvier 1916.




jeudi 20 août 2015

Lettre de Casalta (15 aout 1915) son ancien instituteur félicite Gustave et exprime sa fierté d’avoir préparé les jeunes a défendre leur patrie. Gustave exprime dans ses lettres la chance qu’il a eu d’aller à l’école, il s’exprime et écrit très correctement. Il écrit que René son petit ferre, a cause de la guerre, du décès de son père Joseph en 1914, entrainant le fait que René devait aider à la ferme au lieu d’aller à l’école. René (Pépé, mon grand pere) nous as souvent exprimé ce fait et l’a écrit au dos d’une de ses photos.

La lettre de M Rosalta le maitre de Gustave à Berrouaghia fait écho à une lettre de Gustave, que le maitre a fait publier dans le journal « L’ECHO D’ALGER » du 25 aout 1915.

« Berrouaghia le 15 aout 1915
Mon cher Gustave
J’ai reçu ta lettre m’annonçant ton engagement et l’autre datée de Belgique. Inutile de te dire combien ton vieux maitre à été touché, 1° par ton bon souvenir, on est habitué dans l’enseignement à l’oubli que le moindre souvenir nous comble et nous fait oublier bien des désillusions. 2° a cause des sentiments patriotiques que tu exprimes, oui mon enfant je suis fier de toi, je suis heureux de savoir que mes leçons n’ont pas été perdues pour tout le monde,
c’est ma fierté à moi, mon orgueil de savoir que j’ai su préparer des âmes pour servir ma patrie, si les ans ne me permettent pas de mourir pour elle, au moins j’ai la satisfaction d’avoir pendant trente ans préparé des braves pour la défendre. Merci mon cher Gustave de m’avoir dit tout cela et sois fier de faire ton devoir. La France a besoin de ses enfants. Tu as répondu a son appel malgré ton âge, tu luttes pour conserver à notre bien aimée Patrie son trésor de liberté et d’indépendance, Gloire à toi et à tous qui font comme toi, ton maitre ne regrette qu’une chose : c’est que son âge ne lui permet pas de quitter la plume et la parole pour l’épée et le fusil, il aurait été heureux de prendre rang à l’ombre du drapeau, a coté des fiers défenseurs de la France, a coté des 8 membres de la famille actuellement sur le front a coté des nombreuses générations d’élèves auquel il a appris a aimer la France. Son bonheur aurait été de marcher avec eux sur le chemin de la victoire qui ne saurait tarder à m’en ouvrir les bras et a nous mener sur les rives du Rhin.
Reçois, cher Gustave l’expression de mon sentiment le plus affectueux et mes tendres baisers.
Ton maitre Rosalta.
Ma fille Camille est mariée à un de mes adjoints, ma famille est à l’école primaire de Blida, elles t’envoient un bien doux souvenir »




12 août 1915 : je crois qu’on ne va pas tarder à bien les servir car on va leur envoyer ce qu’ils nous avait envoyé mais mieux servi dans le secteur Anglais on leur a envoyé des gaz asphyxiants les boches se sont débinés avec rapidité on leur a repris 3 tranchées. C’est la guerre de ruse au plus malin

«12 – 8 – 15
chers parents
Je vien d’etre levé de garde et j’ai vu le fils Boinnot qui vient de permission, il m’a remis le papier à lettre et il m’a dit que tu lui avais remis du linge, les bagues que je vous ai envoyé c’est avec des gamelles Allemandes et les portes plumes sont faits avec une balle boche et une blege, la boche c’est la pointue et la belge c’est la ronde et le chargeur avec les 4 balles c’est pour Eugene. Je ne vous ai pas expliqué sur la dernière lettre parcequ’il avait passé un ordre que l’on devait laisser les lettres ouvertes mais ça n’a pas duré longtemps, j’espere que ma lettre vous trouve en bonne santé mais je crois qu’on ne va pas tarder à bien les servir car on va leur envoyer ce qu’ils nous avait envoyé mais mieux servi dans le secteur Anglais on leur a envoyé des gaz asphyxiants les boches se sont débinés avec rapidité on leur a repris 3 tranchées. C’est la guerre de ruse au plus malin, le fils Boinnot m’a dit que Cyrille était bien portant et qu’il vous avez vu à tous, j’en pleurais de joie mais il faut espérer que l’on se reverra bientôt, il faut pas se faire du mauvais sang pour moi car je suis très bien et que vous tous qui êtes là bas vous êtes bien plus à plaindre que moi car vous devez vous en faire plus que moi mais moi je ne m’en fait pas du tout car c’est moi qui l’a voulu, il faut espérer que je reviendrai travailler comme avant et tout en travaillant je vous conterez les histoires de la guerre, je vous embrasse de tout cœur, ton fils et frère.
Gustave »



Lettre de Gustave à son beau frère Adolphe Estimée en Aout 1915, recoupement avec lettre de Gustave en Aout 1915, sur la bataille des Dardanelles qui vient d’être engagée. Gustave évoque son engagement malgré son jeune âge mais avec une « ambition et une fougue », une volonté « d’être plus que les autres »

« Cher beau frère
J’ai reçu ta lettre qui m’a rappelé le temps passé je t’avais dis que je ne m’engagerai pas mais que veux tu quand on est toujours ambitieux et fougueux on veut toujours être plus que les autres mais que veux tu la bêtise est faite et ce seras peut être mon bonheur ou mon malheur.
Tu es à l’hôpital, tu as bien raison car tu as fait ta part de travail que chacun en fasse autant et la paix ne serait pas loing d’être signée parcequ’en ce moment il y en a des embusqués qui sont toujours à l’arrière et qui ose parler et que moi à leur place je me cacherais dans un trou de souris, fais attention qu’on ne t’envoie pas aux Dardanelles ça doit être dur la bas. Tu me donneras des nouvelles de la maison si ça marche bien et si les arabes ne font pas des méchanceté à ma pauvre maman et su Eugene s’occupe bien du travail car si je savais qu’il y a quelqu’un qui ferais des noiseries à ma mère je crois qu’en rentrant à la maison après la guerre si je suis en vie il ne mangerai plus de pain.
Reçois de ton beau frère mes meilleurs souvenirs et je t’embrasse de tout cœur ainsi que toute la famille.
Gustave Fortier »

samedi 8 août 2015

10 aout 1915 : « mais il faut espérer que nous serons vainqueur malgré certaine trahison.. »

« 10 – 8 – 15
Chère sœur
J’ai reçu ta gentille lettre en même temps que celle de maman qui m’a fait bien plaisir de voir que tu pense à moi.
Tu choisiras la bague ou le porte plume, tu me dis que c’est pour la France et pour la Patrie que je me bat mais j’aimerais mieux être auprès de vous tous mais il faut espérer que nous serons vainqueur malgré certaine trahison; je suis content que Julie vient à la maison comme ça elle pourra donner la main à maman et te soulager à toi et Cyrille ne doit pas etre appelé encore, s’il pourrait au moin finir les battages.
Je termine ma lettre en t’embrassant de tout cœur, ton frere.
Gustave

Embrasse bien Julie, Cyrille, néné et Guiguitte  pour moi. »