vendredi 11 novembre 2016

1916 Ma chère Sœur Chérie

« 1916 Ma chère Sœur Chérie
Je viens à l’instant de recevoir tes 2 lettres datées l’une du 29-9 et l'autre du 4-10 pour le moment, je suis à l’hôpital mais j’espère dans quelque jours aller vous voir. Si maman ne m’a pas envoyé de mandats avant de recevoir cette lettre, fait lui savoir que ça que ça ne vaut pas la peine car j’irais en permission et le mandat arriverait au régiment ou à l’hôpital pendant que je serais en voyage, il me reste une quinzaine de francs sur le billet que j’ai reçu en lettre recommandée car je devais 5F a Maurice Boineau.
Pour le moment je ne vois pas grand-chose à te dire que je souhaite que ma présente lettre vous trouve à tous en bonne santé.
Je t’embrasse et embrasse bien tous pour moi, ton frère.
Gustave Fortier 
1er tirailleur Hopital 33 bis
Rosendael Nord »


samedi 5 novembre 2016

« Rosendael le 24 octobre 1916

« Rosendael le 24 octobre 1916
Ma chère Maman
Je t’écris pour te donner de mes nouvelles, je suis assez bien portant.
Quand à la lettre que je t’ai expédiée hier retourne moi là le plus tout possible, tu envois un cavalier à Bir Rabalou si tu es à la ferme pour la faire légaliser par le maire et toi tu signeras sous les écritures du haut ou il y a mis signature et une croix à l’encre. Je pense que tu feras ça. Car tu avais demandé pour que je retourne à Blida et une fois là bas je ferai mon possible pour y rester. J’ai appris par Hervé Tour que tu avais reçu ma caisse Boche, tu me feras savoir si tu as reçu tous ce que je t’avait dis :2 casques, 1 gourde, 1 jeu de carte, 1 ligne de pêche, 1 culasse de fusil Mauser, 5 ou 6 cartouches.
Le tout emballé dans de la paille et une caisse.
Je compte sur toi chère maman pour faire ton possible pour que j’ai ma convalescence d’au moins 20 jours.
Je t’embrasse, ton fils. Gustave Fortier
1er Tirailleur Hôpital 33bis Rosendael Nord »


Gustave espère aller en permission : « Rosendael le 24 octobre 1916

Gustave espère aller en permission :
« Rosendael le 24 octobre 1916
Bien chère Maman
Je t’écrit pour te donner de mes nouvelles qui sont pas mauvaises pour le moment et je t’envois ci-joint une feuille que tu feras remplir par M Tartaix ou s’il ne veut pas, par l’administrateur de Tablat mais dans le plus bref délai car ça me tarde d’être après de vous mais pour y être plus longtemps j’aime mieux attendre car si je prenais une permission de 7 jours je pourrais aller vous voir dès aujourd’hui.
Je compte sur toi pour faire le nécessaire pour que je puisse avoir une convalescence et me reposer quelques jours à la maison, je te recommande de faire au plus tôt possible et me la renvoyer de même.
En attendant de recevoir ma feuille remplie je t’embrasse de tout cœur , ton fils.
Gustave Fortier
1er Tirailleur Hôpital 33 bis salle 14 lit 14 Rosendael. Nord.
Je compte sur toi pour la feuille, ainsi que tu m’enverras quelques sous au même moment pour le voyage car on ne touche pas de vivre. Gustave.
Tu signeras à la croix sur la feuille. »

Gustave est toujours hospitalisé : « Rosendael le 23 octobre 1916

Gustave est toujours hospitalisé :
« Rosendael le 23 octobre 1916
Ma chère Maman
Je t’écrit pour te donner de mes nouvelles qui sont pas des plus mauvaises, dans quelques jours je compte être auprès de toi pour une convalescence d’une quinzaine de jours au moins enfin pour le moment je me porte assez bien et je souhaite que ma présente lettre vous trouve de même à tous.
J’ai reçu les 20F que tu m’a envoyé par lettre recommandée et qui m’ont fait bien plaisir, ça me feras toujours une quinzaine de francs pour mon voyage jusqu’à ce patelin de Bir Rabalou.
Pour le moment je ne vois plus grand-chose à te dire, je t’embrasse ainsi qu’a tous, ton fils.
Gustave Fortier.
Fais savoir à Julie que je n’ai pas reçu de carte ni de lettre d’Adolphe.
Gustave »



lundi 17 octobre 2016

Gustave aimerait bien que les objets ramassés au front arrivent bien en Algérie : "...Sitôt que tu auras reçu la caisse contenant les casques, tu me le feras savoir car j’ai peur que ça se perde, ça me ferais plus de peine que si on me coupait la main car je les ai ramassé sur le champ de bataille en faisant l’assaut à la Baïonnette..".

« Rosendael le 17 - 10 – 16
Bien chère Maman
Je viens à l’instant de recevoir la lettre recommandée avec les 20F qu’elle contenait et qui m’ont fait bien plaisir car je devais 5F au fils Boineau et jusqu’à présent je ne pouvais lui rendre.
Je suis à l’hôpital ne te fait pas du mauvais sang car je suis que pour la diarhée et maintenant ça va beaucoup mieux et j’espère vers la fin du mois avoir une convalescence de 7 à 8 jours, le colis que je t’ai envoyé j’ai dit que s’il t’arrivait, je donnerais un double de blé à Ben Amou et si je vais en permission je lui porterais moi-même à Sidi Aissa car je ne tiendrais pas a ce qu’il se perde, des souvenirs comme ça on en trouve pas tous les jours.
Je suis heureux que M Alian a commencé a faire la démarche pour que je puisse retourner au dépôt à Blida car j’ai fais ma part j’ai gagné la crois de guerre avec deux étoiles, j’en ai assez.
Puisque Cyrille est prisonnier, je n’ai plus besoin de rester au front, je ne peut pas le venger ni le délivrer alors je n’ai qu’a rallier mon dépôt, mon devoir est fini. S’il n’écrit pas c’est que comme punition j’ai vu sur le journal que les Allemands interdisaient aux prisonniers d’écrire parce qu’on mettait les leur en Algérie et au Maroc et lui étant Tirailleurs qui souvent on leur donne du fil a retordre alors ils suppriment les correspondances.
Je suis content que Messieurs Manot et Girerd demande après moi, je vois que malgré que je me suis engagé les gens du pays ne m’oublient pas et dans quelques jours j’espère que je serais auprès de toi pour passer une huitaine de jours.
Sitôt que tu auras reçu la caisse contenant les casques, tu me le feras savoir car j’ai peur que ça se perde, ça me ferais plus de peine que si on me coupait la main car je les ai ramassé sur le champ de bataille en faisant l’assaut à la Baïonnette.
Pour le moment je termine ma lettre, je ne vois plus grand-chose à te dire.
Je t’embrasse bien fort ainsi qu’a tous, ton fils qui t’adore.
Gustave Fortier
1er tirailleur Hôpital N°33 bis Salle 15 Rosendael
Bonjour aux amis »

dimanche 16 octobre 2016

Lettre de Gustave a sa maman, il annonce son évacuation le 16 octobre 1916; il sera hospitalisé plus de 2 mois, son hospitalisation est du a la maladie causée par les mauvaises conditions de vie au front. Nous parlons de maladie des "tranchées".

« Rosendael le 16 octobre 1916
Ma chère Maman
Je t’écrit pour te donner de mesnouvelles qui sont pas mauvaises pour le moment, je suis toujours à l’hôpital mais ca va beaucoup mieux, je compte pour la fin du mois aller en convalescence car il y a longtemps que je n’ai pas eu de permission.
Je ne me presse pas a sortir car plus vite je vais vous voir, plus vite il faut retourner et pour le moment mon régiment est dans les tranchées et plus vite je retournerais de permission, après il faudrait attendre au moins 6 mois.
Tu as du m’envoyer de l’argent mais elle a du aller à ma compagnie et j’espère avoir mes lettres dans quelques jours.
Les correspondances de si loin mette si longtemps pour arriver et partir que l’on change d’adresse et les lettres arrivent 10 jours après.
Ne te fais pas de mauvais sang pour moi car je suis dans un bon hôpital et la petite santé se maintient.
Je termine ma lettre en t’embrassant bien fort ainsi que toute la famille.
Ton fils pour la vie.
Gustave Fortier. Hôpital N°33 bis salle 15 Rosendaël Nord

Bonjour aux ouvriers sans oublier Eugene et les amis. »

mercredi 5 octobre 2016

Un espoir pour Gustave, sa maman pense que Cyrille est prisonnier en Allemagne, c'est malheureusement faux!

Un espoir pour Gustave, sa maman pense que Cyrille est prisonnier en Allemagne, c'est malheureusement faux!
« Aux armées le 5-10-16
Ma chère Maman
J’ai reçu ta lettre m’annonçant la bonne nouvelle que Cyrille était prisonnier, il vaut mieux qu’il soit en Allemagne que d’être tué comme je le croyais et j’étais rudement inquiet sur son sort enfin maintenant je suis tranquille pour lui. Tu me dis de faire des demandes pour aller au dépôt mais si je te dirais que sur le pont il y a des hommes de 46 à 48 ans et que moi qui en a que 19 ils ne me lâcherons pas pour ça, enfin patience et il faut espérer que cette guerre va bientôt finir et que je pourrai retourner auprès de vous tous. Pour le moment il ne faut pas croire que ce n’est pas moi qui ne veut pas aller en Algérie, au contraire mais jusqu’à présent je n’ai pas eu le bonheur d’être blessé mais il vaut mieux d’un coté car quelques fois d’une malheureuse blessure on en reste estropié.
Pour le moment je suis à l’infirmerie pour diarrhée mais ce n’est rien.
Je termine ma lettre en t’embrassant bien fort, ton fils pour la vie .
Gustave Fortier